Épisode 3 – Echo (Part 1)

Notre histoire avec Echo commence en 2017, quelques semaines seulement avant le grand voyage organisé par Bouillon de Poney pour rapatrier des Chevaux de Skyros en France. Alors que certains de nos plans commencent à tomber à l’eau, après des mois de négociations, voilà qu’on se retrouve avec seulement deux juments possiblement pleines du même entier et un entier à ramener (au lieu de trois juments dont deux pleines de deux entiers différents et deux entiers). Ça nous semblait bien peu, et surtout ça limitait considérablement nos possibilités de croisement par la suite.

Un peu en catastrophe, on a appelé Rachel, au Silva Project, un élevage de Chevaux de Skyros sur l’île de Corfu, pour voir si elle n’avait pas un autre entier à nous proposer. Pas vraiment. Et puis elle a pensé à Echo, le petit accident de l’année passée conçu lors d’une nuit d’escapade de Leonidas. Comme de nombreux élevages en Grèce, le Silva Project a drastiquement réduit ses naissances ces dernières années faute de moyens. Echo est une de ces surprises dont ils se seraient bien passés. Alors pourquoi pas ?
Ça n’est pas l’idéal, Echo a le même père que Pandora, l’une des juments qui fait partie du voyage, mais ça ouvre quand même quelques possibilités de plus. Alors c’est décidé, Echo vient avec nous.

Echo, Cheval de Skyros, alors qu'il avait onze mois.

Après ça tout est allé très vite. En quelques semaines, il a connu son premier licol, il a été sevré et embarqué à bord d’un petit camion à côté d’Eole, direction la France. Presque trois jours plus tard, il arrivait dans le Trièves.

À leur arrivée en mars 2017, Eole et Echo ont rejoint Achille, notre Skyros venu d’Écosse alors en pension chez moi. Malheureusement ce joli trio n’a pas duré bien longtemps. Avec l’arrivée du printemps et des premières saillies, Eole, qui n’était déjà pas bien sûr de vouloir vivre avec des copains, nous a clairement fait comprendre que ce mode de vie n’était pas pour lui. Echo en a payé le prix.

Une nuit, le jeune et naïf Echo s’est fait attaquer par Eole suffisamment fort pour avoir un hématome de la taille d’un petit melon sur le flanc. On pense que dans sa panique, il a dû finir par sauter la clôture et fuir. On l’a retrouvé au petit matin quelques centaines de mètres plus bas, dans la forêt, terré entre les arbres, le regard mêlant soulagement et terreur. En remontant, il était très heureux de retrouver Achille et les choses se sont tassées. L’hématome s’est résorbé et il a repris sa vie de jeune entier avec ses potes Achille, puis Iti et Iota, deux jeunes entiers qui les ont rejoint plus tard.

Une photo de Iota, Achille, Echo et Iti en train de brouter.
Iota à gauche, Achille au centre, Echo devant, et au fond Iti.

Mais au printemps 2020, alors qu’Echo fêtait ses quatre ans, il a décidé qu’il était trop vieux pour jouer les nounous avec les deux jeunots Iti et Iota. Au début il semblait juste un peu saoulé par les jeunots, il passait beaucoup de temps seul et comme on m’a proposé un jardin à faire manger, je me suis dit que ça serait une bonne idée que de l’emmener en vacances quelques temps là-bas. À son retour quelques jours plus tard, il nous a clairement fait comprendre qu’il n’était plus possible pour lui de vivre avec les jeunes (d’une façon un peu moins violente que celle d’Eole mais tout aussi cruelle, en les séquestrant dans une partie du parc où ils n’avaient ni herbe, ni eau, ni plat). Pour éviter l’escalade et assurer le bien-être des petits, nous avons donc dû les séparer. Echo à vécu seul entre les mois de mai 2020 et mars 2021, ce qui fut très dur pour lui (et pas hyper sympa pour nous non plus, que ce soit en terme de logistique ou émotionnel).

C’est à partir de là que j’ai compris qu’Echo était devenu réactif.