Épisode 13 – Les progrès

Dans les jours qui suivent, la fenêtre fait son effet et je constate quelques progrès.

Les buis et la fenêtre taillée dedans.
Elle donne pile sur le râtelier d’Eole et Pepper.

Cette vidéo, par exemple, peut sembler vraiment anodine mais elle ne l’est pas.

  • Echo est en train de manger ses compléments avec Eole et Pepper à vue
  • Il s’interrompt lorsqu’ils se mettent en mouvement
  • Il se remet à manger

C’est donc une séquence comportementale plutôt saine, et bien différente de ce que j’observais jusqu’ici, puisque tout mouvement des voisins déclenchait hennissements et mouvement de la part d’Echo.

On a aussi mis en place une routine très stricte qui ne change jamais pour l’instant :

  • en arrivant, je nourris Echo et Kosmo, et je leur remets un peu de foin si besoin
  • ensuite je m’occupe d’Eole et Pepper
  • puis je sors du champ de vision d’Echo pour aller m’occuper de Iota et Pandora
  • lorsque je reviens, j’emmène Echo et Kosmo à la rivière

En voyant ma voiture arriver, il sait donc exactement ce qui va se passer.

Tous les matins, on va faire un tour à la rivière, leur point d’eau, qui est à l’autre bout du champ. Je prends Echo au licol et il me suit plutôt volontiers, même s’il s’arrête quelques fois pour regarder les voisins en partant. Il prend le temps de boire à la rivière (même s’il a toujours de l’eau à côté de son râtelier, on ne voudrait pas risquer la déshydratation), et j’en profite pour coder le fait de boire à la demande (sait-on jamais, ça nous servira peut-être un jour).

Je le raccompagne au licol, pour m’assurer qu’on rentre ensemble au pas. Je ne voudrais pas qu’il retourne à son poste d’observation au grand galop, le but c’est de le faire marcher, de le faire boire, mais aussi de lui proposer des interactions calmes pour lui montrer qu’il peut aller boire sans stress et pour l’aider à garder un niveau d’éveil bas.

Au sixième jour, je tente d’aller mettre du foin un peu plus loin, pour voir si Echo arrivera à y aller. Et ça fonctionne.

Il y va et il y reste même volontiers.

En le ramenant de la rivière ce jour-là, je lui enlève le licol en arrivant sur ce tas de foin et lui pose dessus un petit jackpot de foin haché*. Je veux voir s’il ira jusqu’à son point d’observation à la porte pour se rassurer sur les activités d’Eole et Pepper, ou s’il sera capable de rester manger sur le tas de foin, à distance donc. Et il reste sur le foin. Grosse, grosse victoire pour nous.

Je propose aussi parfois à Echo des petites séances de travail, très simples. Le but est de le ramener à quelque chose qu’il connaît, de l’amener à réfléchir, et donc à brancher son cerveau. Dix minutes par jour, c’est toujours ça de pris. On travaille sur un exercice qu’on a poncé lui et moi, l’association du marqueur. L’objectif ? Qu’il mange son foin. À ce moment-là, je le marque et le renforce alors qu’il reste à sa place. On travaille la patience, on travaille la redirection sur le foin, on travaille l’association positive à l’humain (source de positif), on travaille le calme et la réflexion.

Lorsqu’il est calme, c’est assez facile. Lorsqu’il est agité, ça dépend vraiment de son niveau de stress. S’il est trop haut, je n’essaye même pas, il n’arrivera pas à se poser sur le foin, et puis ce n’est pas sa priorité dans l’instant, je risque de créer chez lui un trop gros conflit de motivation. Mais lorsqu’il est un peu haut mais que ça me semble jouable, je le tente, et bien souvent, une petite session de deux ou trois minutes suffit à le faire redescendre. Le marquer sur du foin l’aide à s’apaiser.

Je constate que le foin dans le râtelier, celui juste devant la porte, ne descend pas si vite, ce qui veut dire qu’Echo passe quand même plus de temps à manger sur la botte, à quelques mètres de la clôture. C’est pour moi très bon signe.

Jusqu’au dixième jour, je suis confiante dans l’idée que ça va se poser, tout doucement.

* J’utilise du foin haché comme renforçateur pour récompenser Echo lorsqu’il propose un comportement que je souhaite renforcer, ou pour l’aider à détourner son attention lorsqu’il a besoin d’aide pour décrocher.